La Province du Brabant wallon a défini dans son contrat de développement territorial le concept de Npow. Npow pour ‘New places of Working’ ou ‘Nouveaux lieux de travail’. La volonté est de répondre de manière innovante à un triple enjeu : le développement économique, l’offre en logements et services et la gestion de la mobilité au travers de la promotion de la mobilité cyclable.

Ainsi, le concept des Npow est porté par une ambition forte : soutenir une économie de proximité à portée de vélo en ciblant les petites et moyennes entreprises dans les secteurs traditionnels ou plus innovants en misant sur une pratique cyclable accrue. De nombreux aménagements propices à l’usage de celui-ci sont réalisés ou en cours de concrétisations, tandis que d’autres sont programmés. De quoi doter la Province d’un réseau structurant.

Dans ce cadre, la Maison de l’urbanisme du Brabant-Wallon a organisé trois séances d’information et de discussion à destination des acteurs locaux – décideurs, administrations, membres des CCATM et CLDR. D’autres personnes portant un intérêt sur le sujet nous ont également rejoints.

Portées par la volonté d’être au plus proche des acteurs de notre territoire, ces trois soirées ont eu lieu dans les trois bassins de vie de la Province :

  • le jeudi 14 décembre à Genappe, la première soirée avait pour thème “travailler à vélo n’est pas une fumisterie !”
  • le lundi 18 décembre à Court-Saint-Étienne (Centre culturel du Brabant wallon), la deuxième soirée se penchait sur cette question : “les cyclostrades : les voies d’un nouveau développement économique ?”
  • le 29 janvier à Beauvechain (Maison rurale, à l’Ecluse), la troisième soirée avait pour thème : “le travail en milieu rural a le vent en poupe !”

Nous remercions l’ensemble des intervenants : Françoise Duplat de l’inBW, Benoit Dupriez du SPW mobilité, Pierre Francis de la Province du BW, Céline Froment de l’Union wallonne des entreprises (UWE), Nicolas Mairy de la La Société d’Assainissement et de Rénovation des Sites Industriels du Brabant wallon (SARSI), Delphine Romain de la Nouvelle école secondaire pédagogie active (Nespa), Quentin Triest du Gal Culturalité, Brigitte Wiaux et Tessy Maet de Beauvechain.

Chaque soirée a rassemblé un panel de personnes apportant un regard et une expertise, révélant l’agilité nécessaire pour opérationnaliser le concept. Et des questions, il y en a eues ! C’est dire que passer du concept à la mise en œuvre ne se fait en un claquement de doigts. Comme pour tout projet majeur, il faut pouvoir fixer les conditions de réussite, tant en matière de faisabilité de projet que de mobilisation autour d’une ambition commune. Ces ateliers y ont contribué, c’est certain !

Parmi les éléments évoqués, on retiendra :

LA FORCE DU CONCEPT

  1. Un concept est une idée génératrice de projets. Il met en capacité de mobiliser des ressources en assurant une vision globale. Il n’enferme pas dans une modèle ou une forme déterminée de projets. Il se décline en fonction des localisations, des caractéristiques de multimodialité et d’accessibilité (cf typologie des sites NPoW), mais aussi -et avant tout- en fonction des ressources locales et des opportunités qui se présentent.
  2. Devant rester un concept (générique donc), le NPoW se veut un formidable levier pour définir des stratégies territoriales d’amont, dans une vision intégrée et transversale. Son atout : croiser les défis de structure territoriale, de mobilité raisonnée et de développement économique intégré. Ces 3 volets sont ici indissociables.
  3. Pensé globalement pour un vaste territoire, c’est dans les politiques territoriales locales qu’il trouve se déclinaison. Pensons au schéma de développement (SDC) que les communes sont invitées à élaborer – ou réviser-. Le NPoW pourrait opportunément s’y glisser systématiquement. On soulignera à cet égard leur capacité à penser le renforcement des centralités.
  4. Parce qu’il est intrinsèquement transversal, il participe à créer une culture commune de l’aménagement du territoire brabançon.

DES INGRÉDIENTS INDISPENSABLES POUR RÉVÉLER LE POTENTIEL DU CONCEPT ET ASSURER SON OPÉRATIONNALITÉ

  1. Le développement de projets en milieu rural relève bien souvent d’effets d’opportunité. Cette réalité révèle l’enjeu de « veille des opportunités ». Si les autorités locales sont généralement attentives aux opportunités qui se dégagent (un bâtiment ou un terrain clé mis en vente par exemple), il n’en reste pas moins que cette veille n’est généralement pas -ou pas assez- structurée, ôtant la capacité d’anticipation nécessaire au développement de projet en général et de NPoW en particulier. On relèvera ici aussi l’importance d’une stratégie de développement territorial d’amont.
  2. Une capacité de mobiliser le budget et les ressources humaines ou mobiliser le foncier est nécessaire à la maîtrise publique d’un projet d’ampleur.
  3. Infrastructure cyclable et développement de l’emploi : l’œuf ou la poule ?
    Les politiques publiques sont clairement orientées vers le développement de l’infrastructure cyclable. Le pari est de considérer le réseau cyclable comme moteur de développement et de structuration territoriale. Il devient générateur, non seulement de mobilité décarbonée, mais aussi de développement de l’emploi et plus largement de lieux de vie.
  4. Mobilité et mo.bi.li.té.s…
    Le vélo n’est plus marginal pour une part grandissante de la population. Pourtant la part du vélo dans nos déplacements reste ridiculement basse. Il est raisonnable de penser que les axes structurants -les cyclostrades- changeront la donne de manière significative pour autant que celles-ci deviennent les supports de développement d’activités. La réalité nous invite à réfléchir les combinaisons modales et donc la qualité des transferts modaux.
  5. Cyclistes et cy.cli.stes…
    Il est pertinent de distinguer le vélo-taffeur et les vélo-promeneur. Avec des motivations et des pratiques différentes, c’est l’enjeu de la cohabitation qui s’invite. A l’instar des déplacements motorisés, les défis de partage de l’espace et d’intégration au milieu bâti sont essentiels. Ainsi, l’attention est de mise pour ne pas tomber dans les travers fonctionnalistes qui prôneraient l’efficacité au détriment de l’intégration. Une question d’équilibre selon l’organisation des réseaux et les priorités. Dans tous les cas, penser mobilité cyclable permet de penser concomitamment les fonctions diverses des espaces publics : se déplacer, desservir et séjourner.
  6. La responsabilités des acteurs publics pour garantir la continuité des réseaux cyclables et résoudre les points noirs du réseau. En effet, pas de vélos sans infrastructures de qualité, sécurisés !
  7. L’éducation à la pratique cyclable auprès des jeunes notamment : démystifier le vélo pour certains, aguerrir pour d’autres, rendre quotidien et ‘commun’ pour tous.
  8. Les réalités du travail en milieu rural. On a idéalisé le coworking en milieu rural, et bon nombre de projets sont aujourd’hui au point mort. La faute à qui ? sans doute à la méconnaissance de la robustesse nécessaire du modèle économique. Un échec : non. Ce que l’on doit en retenir : le moteur est l’envie de rencontres, le besoin de « faire communauté » et mener des projet commun. Cette force mobilisatrice existe en milieu rural en Brabant wallon et c’est ce levier qu’il faut activer pour développer l’activité dans ces espaces ruraux.

 

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