Ils étaient six ados les deux premiers jours du stage d’Urbex proposé par la Maison de l’urbanisme du Brabant wallon et l’Institut Culturel d’Architecture dans le cadre de l’opération Délibère-toi. Certains avaient encore des examens de fin d’année à présenter. Dès le lundi 3 juillet, ils étaient 10 jeunes à se réunir autour de la thématique de la réhabilitation de lieux abandonnés. Ce thème est travaillé en partenariat par nos deux équipes au travers d’une série d’activités : stage, panel citoyen, conférence… Coup de projecteur sur l’activité qui fait entendre la voix des jeunes sur une question bien d’actualité.

Pendant quelques jours, alors qu’ils attendaient un peu fébriles de connaitre les résultats des examens, dix jeunes Brabançons de 13 à 15 ans sont partis à la découverte d’Ottignies, de son centre, mais aussi de ses lieux abandonnés, cachés derrière la ligne de chemin de fer… Ensemble, ils ont imaginé comment leur rendre vie ! Au cours de ce stage, l’Institut Culturel d’Architecture (ICA) et la Maison de l’urbanisme du Brabant wallon leur proposaient de développer leur regard, leur créativité et leur esprit d’équipe à travers des ateliers mêlant architecture et urbanisme. Au programme : balades exploratoires, jeux de rôle et mise en situation de projet, dessin, cartes, maquettes et bien plus.

Initiation aux enjeux de la réhabilitation

Le site d’exploration : la friche de l’ancienne usine Bétons Lemaire, en contrebas de la voie ferrée à Céroux-Mousty, en attente depuis de longues années de voir naitre un nouveau quartier. Une mise en situation pour penser l’aménagement du site et envisager son intégration au contexte : le coeur d’Ottignies d’une part, le Bois des rêves d’autre part. Le QG où naissaient esquisses, maquettes et planches de BD : le sous-sol du Centre culturel du Brabant wallon. Celui-ci occupe l’ancien dispensaire des usines Henricot à Court-Saint-Étienne.

Agnès Chevalier, chargée de projet au sein de la Maison de l’urbanisme et Aurélien Jacob, chargé de la coordination des projets et des actions culturelles ainsi que le volet pédagogique de l’ICA, leur ont d’abord expliqué ce qu’est l’Urbex et initié aux enjeux de la réhabilitation. Pendant la première journée de stage les ados ont effectué une balade exploratoire, pris des photos et récolté des éléments végétaux pour constituer un herbier. Ils ont ensuite dessiné une carte mentale du site industriel désaffecté. “Puis, par groupe de deux, ils ont dessiné des esquisses de réhabilitation pour trois bâtiments : l’ancienne conciergerie, des hangars et l’infrastructure accueillant provisoirement le Laser game. Par exemple, la maison abandonnée pourrait devenir un duplex, tandis que les hangars accueilleraient des salles de cinéma.

Le deuxième jour, les jeunes ont poursuivi les discussions et, le troisième, ils ont entamé la conception de planches de bande dessinée racontant l’histoire du lieu ou anticipant ce qu’il pourrait devenir, détaillant le scénario de réhabilitation de chaque duo. “L’idée est de créer une narration, de soulever des interrogations sur le lieu, sur les contraintes du territoire et sur ses enjeux, de relever les tensions entre les différents lieux”, explique Aurélien Jacob. “Le but est de créer une maquette, de réaliser une ‘élévation’, c’est-à-dire une façade en 2D.  Et Agnès d’ajouter : “concevoir un projet de réhabilitation de ces bâtiments permet de mettre en exergue les questions à poser pour imaginer la réhabilitation de tout le site, avec le souci partagé de voir la nature garder ses droits“. Pour Charles, intéressé par l’Urbex mais n’en ayant jamais pratiqué, il était passionnant de découvrir ces anciens bâtiments.

Le stage se clôturait ce mercredi par une restitution des travaux dans une expo dont le vernissage se faisait en présence des parents. Un grand moment de fierté pour ces ados créatifs et inventifs !